Samuel POZZI, conscient de sa superbe prestance, était à la fois homme du monde raffiné et grand amateur d'art. Aussi grand amateur de femmes, parmi ses conquêtes, il comptera Sarah Bernard qui l'appelait "Docteur DIEU", madame Gautreau, madame Aubernon pour qui il était " L'amour médecin ", et nombre de ses patientes qu'il n'hésitera pas à séduire. Mari volage et infidèle, il consolait sa femme en lui déclarant : " Je ne vous ai pas trompée, je vous ai complétée ". Du même pas il partait à Bruxelles rejoindre sa " Grande Amie ", vers laquelle madame Pozzi n'hésitait pas à le diriger lorsqu'il paraissait taciturne.
C' était le médecin de la grande bourgeoisie, il avait pour clients, les Rotschild, Anatole France, la princesse Mathilde, la famille Proust dont il était l'intime, (Samuel Pozzi aurait servi de modèle au docteur Cottard de la recherche du temps perdu). Un certificat médical (de complaisance ?), dispensera Marcel Proust de rejoindre le front ! Il s'était fait un ami du célèbre peintre John Singer Sargent, qui était aussi son client. Celui-ci réalisera un extraordinaire portrait en pied, grandeur nature, habillé d'une robe d'intérieur rouge. Pose théatrale, ou l'on observe à la fois la grâce, la séduction, la beauté, et la finesse des mains du chirurgien. Ce tableau est actuellement conservé au musée de Los Angelès. Engagé volontaire en 1870, il rejoindra, malgré son âge avancé, le service hospitalier des armées lors de la première guerre mondiale.